RC 1

L’aventure Rhythm Cycles commence exactement comme nous l’avions voulu en proposant à ces deux DJ’s d’ouvrir le bal. Un début vaporeux, aventureux ou on aime se perdre pour mieux se laisser porter par un groove des plus sexy après 7 minutes d’intro. Ly Sander et Lionel nous emmènent très loin, pas de Techno ‘Boum-Boum’, pas de tubes du moment, mais plutôt des atmosphères propices aux journées neigeuses pour mieux basculer (par la suite) vers une House d’époque légèrement acidulée et garnie de percussions afro du plus bel effet. Laissez-vous porter par la chaleur de cette table de mix Urei utilisée pour l’occasion, le voyage ne fait que commencer.

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RC Podcast 1 — Ly Sander & Lionel (Born Bjorg) — 30.11.10 by Rhythm Cycles

RHYTHM CYCLES RENCONTRE LY SANDER

Rhyhm Cycles (RC): Cela fait déjà pas mal de temps que tu fais parti de la scène électronique suisse (suisse romande plus particulièrement) que penses-tu de son évolution depuis les temps des Djaimin & Mr Mike ? Y a-t-il de bonnes raisons de croire en un développement ? Crois-tu en un avenir pour cette musique
en romandie ?

Ly Sander (LS): Il y a vraiment d’excellents producteurs et DJs en Suisse romande et une nouvelle génération de DJs éclairés. La différence que je vois entre la scène d’il y a 10 ou 15 ans et celle d’aujourd’hui c’est qu’à l’époque il y avait une vraie énergie pour tenter d’ouvrir des lieux d’offrir un accès à la musique électronique coûte que coûte. C’est peut-être cette énergie là qui s’est un peu perdue. Les nouveaux lieux dont j’entends parler sont la plupart du temps ouverts par des personnes qui étaient déjà actives il y a 10 ou 15 ans…

RC: Pourrais-tu nous parler du premier disque de house que tu as acheté, de ta première soirée (du moins, la première a t’avoir marqué) ? Pareil à l’envers, le dernier disque de house que tu as acheté et la dernière soirée à t’avoir marqué.

LS: Je suis pas certain pour le premier disque de House que j’ai acheté, possiblement Souffles H – Mondo Grosso ou le double maxi I Want You (She’s So Heavy) de Groove Collective en 1996. Assez jazz, mais c’était encore l’époque où l’acid jazz était encore une grande influence. De manière générale j’achetais beaucoup les disques des Masters At Work à l’époque. Avant ça j’étais plutôt dans la funk et le hip hop.

Pour la première soirée, le concert des Roots en 1995, DJ Rush (Detroit) au Terreaux du Temple à Genève vers 1996, Louie Vega sur 4 platines à l’ancien Bypass ou au MAD. Mais c’est peut-être les soirées drum’n'bass Metalheadz au Blue Note à Londres à la même époque qui m’ont le plus marqué. Ils jouaient les trucs les plus durs et les gens s’éclataient comme s’ils écoutaient du funk. À l’époque un peu tout le monde écoutait de tout. C’est beaucoup moins le cas aujourd’hui il me semble…

Pour ce qui est du dernier disque de house, j’achète en général 10 ou 15 disques à la fois, tous les 6 semaines environ, entre deux il y a les promos qui rentrent. Un des derniers disques que j’ai acheté c’est un Space Dimension Controler. J’aime bien leur son, à cheval entre techno, house, disco. Sinon big up à St-Plomb pour son Precious Soul.

Pour la dernière soirée mémorable, et je suis navré de prêcher pour ma paroisse, mais c’est probablement quand j’ai fais revenir Danny Krivit à Genève en 2008. Il a littéralement retourné le dancefloor et il nous a ensorcelé jusque dans la matinée, c’était magique. Danny a vraiment un grand coeur et il arrive sans en avoir l’air à amener les gens dans quelque chose qu’ils n’auraient jamais imaginé. C’est un DJ professionnel au sens noble du terme et un ami d’une générosité incroyable.

RC: Pourrais-tu nous raconter ton souvenir de soirée le plus absurde, l’anecdote dont tu te souviendras toute ta vie ?

LS: Je devais jouer dans la deuxième salle de la Dachkantine, mais le limiteur était bloqué sur -35db et la seule personne qui avait le code pour le débloquer était au Brésil. Markus Ott essayait tout ce qu’il pouvait avant de m’annoncer que je devais me résoudre à mixer comme ça. J’avais donc à disposition le volume genre d’un autoradio pour une salle de 300 personnes. J’ai dû construire petit à petit mon set sans avoir droit à l’erreur et oh miracle, c’était la folie avec tout le monde qui hurlait et la salle pleine, les amis autour de moi n’en revenaient pas, si bien que le DJ suivant m’a laissé jouer presque deux heures de plus que prévu tellement c’était dingue!

RC: On assiste actuellement (depuis même 2 ou 3 ans) à un grand retour de la deep-house même chez la jeune génération de dj’s. Toi qui a suivi ce style musical depuis ses balbutiements jusqu’à ce qu’il devienne ‘une musique pour vieux’, qu’en penses tu ? Effet de mode du à l’avènement du vintage ou musique timeless ?

LS: Depuis ses balbutiements, n’exagérons rien! Disons que je m’intéresse à l’histoire du clubbing et sa musique depuis ses débuts… Il y a 4 ou 5 ans je jouais de la house dans les clubs où on passait de la minimal la plupart du temps. Fallait assurer mais c’était tout à fait possible, même si je jouais peut-être des disques de house un poil plus durs. Aujourd’hui c’est clair que c’est beaucoup plus facile de jouer ce qu’on veut mais dans l’ensemble je continue à jouer le même genre de disques. Fondamentalement, je crois qu’on a pas inventé une musique plus facile à danser que le bon vieux foor-to-the-floor. Maintenant, ce qu’on ajoute par dessus évolue quelque peu avec le temps. Je pense que le retour d’une production house plus jazzy mais aussi plus nerveuse avec des samples courts et des petits samples vocaux répétés est vraiment un effet de mode qui va passer très vite. Ca rappelle les disques de house de 1992 à 1994. Seulement à l’époque tu pouvais pas faire des samples de plus de 4 secondes sur une SP-1200. Je vois pas tellement l’intérêt de produire des tracks comme ça aujourd’hui. Par contre, pour tout ce qui a un peu plus de vie et de soul qui revient à la mode je suis vraiment preneur! Je trouve beaucoup plus intéressant de mélanger les acquis de la musique électronique avec ce que permet la technologie actuelle.

RC: Soyons un peu geek et parlons matos ! Du bon vieux matos. Nous savons de source sure que tu es un collectionneur de tables de mix et des synthés d’époque, pourrais-tu nous en dire un peu plus ? Quel est ton rapport avec ces objets d’époque et quelles sont leurs caractéristiques et leurs petites histoires ?

LS: Pour ce qui concerne les tables de mix, au début j’avais surtout des mixers pour le hip hop, j’en ai eu pleins. La révélation c’est quand DJ Deep qui m’a encouragé à passer aux ‘rotary mixers’, avec des potentiomètre rotatifs. Je l’avais invité à mixer à ma soirée New York Disco Club en 2003 et il avait demandé à jouer sur une Urei (que Sir George m’avait prêté pour l’occasion). J’utilisais déjà un isolateur séparé du mixer, mais Deep m’a montré comment tirer profit de mixer sur un rotary. Je me suis acheté une Urei d’époque, celle que j’ai daté de 1981 (il y avait de tte façon pas de rééditions en 2003). Pour moi c’est la référence en matière de son. Tu as beau connaître un morceau par coeur, tant que tu l’as pas entendu avec une vieille Urei tu as pas exploité tout son potentiel. Bon, après c’est assez fastidieux à prendre avec soi pour jouer en soirée, le mixer pèse 12kg et il faut compter encore 1kg pour un isolateur séparé et s’arranger pour accrocher le tout tant bien que mal vu que la connectique est sur le dessous du mixer… Mais j’ai quand même réussi à la brancher un peu partout avant que je m’achète une E&S DJR-400 en plus, en 2004 ou 2005. DJ Deep me parlait depuis un moment du développement de ce mixer. Alors quand enfin Jérôme Barbé a fini de la développer j’en ai tout de suite acheté une. De fait, la mienne est encore presque un prototype, les nouvelles ont pas exactement les mêmes composants. Par la suite, il y a plein de gens qui en ont acheté, c’est cool, ça démocratise le rotary! Après, même si la DJR sonne mieux que n’importe quel autre mixer sur le marché actuellement et que ça le fait à fond, ça ne sonne quand même pas exactement comme ma bonne vieille Urei que j’ai au studio.

Pour les synthés, je suis pas vraiment un collectionneur. J’en ai quelques uns. Ma jolie pièce un peu rare et qui vaut des ronds c’est mon Roland Jupiter 8. Je l’ai acheté pour 250fr à un fermier de la gruyère. Le synthé appartenait à un ami à lui parti en Amérique du sud et avait traîné 17 ans dans une grange. C’était tendu. Il me parlait d’aller voir sur internet ce que le synthé valait et s’il l’avait fait il se serait rendu compte que ce synthé s’échange à 4000 francs! J’ai dû la jouer finaud avec lui!

RC: Outre le fait d’être un DJ reconnu tu es également un producteur qui sorti ses morceaux sur de gros labels comme Electric Minds, Drumpoet Community, Konsequenz, Deeply Rooted House, Mental Groove. Y-t-il parmi toutes ces sorties un disque qui reste ton favori ? Tu as également produit en collaboration avec Crowdpleaser (le tube Walking Home, par exemple), pourrais-tu nous révéler une anecdote de vos sessions studios ? Quels sont tes rapports avec lui et comment vous êtes vous rencontrés ?

Beaucoup de questions en une! Mon morceau préféré est probablement Jupiter sorti sur Deeply Rooted House. J’adore Walking Home et je pense que si le label l’avait bien soutenu en visant les radios commerciales il aurait pu encore mieux marcher. Mais Jupiter, chaque fois que je le réécoute je me dis « WOW, ce truc est énorme! ». Je le vois un peu comme un classique. À l’époque on était certains que ça serait un carton et même si le morceau a bien marché (2’500 vinyles pressés) et que beaucoup des gros DJs internationaux l’ont soutenu il a peut-être pas eu la portée qu’il aurait mérité. J’espère que les gens vont le redécouvrir.

Pour l’anecdote de studio. En fait on avait demandé à Mr White (qui a fait le tube Sun Can’t Compare) d’enregistrer les vocaux pour Walking Home (qui devait à l’origine être sur bande-son de XYZ, la face B) et il voulait le faire, mais Larry Heard était pas d’accord qu’il s’investisse dans d’autres projets avant de finir son album. Quand on a sorti le morceau, Mr White m’a écrit pour me dire que XYZ était terrible. Je lui alors rappelé qu’on lui avait proposé de chanter sur ce morceau. Il m’a répondu « ah oui, c’est vrai, mais le morceau est super sans vocaux! ».

Crowdpleaser et moi je crois qu’on s’est rencontrés vers 2003 ou 2004. J’étais en train de mixer sur Radio Basic et il est venu m’écouter et discuter avec moi et on s’est rendus compte qu’on avait beaucoup de références musicales communes, notamment le Ma Foom Bey de Cultural Vibe. Ensuite je bossais sur un projet de compile pour Petrol Records, avec l’équipe du label actuel Future Classics et j’ai demandé un morceau à Crowdpleaser pour la compile. Assez vite il m’a proposé qu’on bosse ensemble en studio et on a fait 3 maxi de suite.

En dehors de ça, Crowdpleaser c’est mon super bon pote et la seule personne avec qui je peux avoir certaines discussions au niveau de la musique. Je crois qu’on a vraiment la même lecture de l’énergie de la musique, des ambiances, du dancefloor, des gens, etc… Il nous est arrivé plusieurs fois ensemble (Dachkantine, Zukunft) de récupérer un dancefloor décimé par d’autres DJs ou un live acte, de ramener tout le monde et d’en faire une vraie fête. C’est un des meilleurs DJs que je connaisse et quelqu’un qui compte énormément pour moi. C’est toujours un moment spécial quand on mixe ensemble, il y a un truc qui se passe…

RC: Tu fais partie du mince cercle de DJ romands à avoir eu la chance de mixer au Panorama Bar à Berlin. Pourrais-tu nous expliquer comment ça c’est passé ? Etait-ce une date très spéciale pour toi ou pas du tout ?

LS: Ça c’est super bien passé même si j’étais un peu tendu avant, en partie à cause des 2 litres de maté que je m’étais envoyé! J’ai joué assez tard, vers 10h du matin et j’ai vraiment pu passer tout ce que je voulais. ça m’est resté assez gravé en mémoire, je crois que je pourrais à peu près faire la liste de tous les morceaux que j’ai passé là-bas. Des trucs plutôt roughs I’m A Freak, des trucs dreamy comme Let’s Be Young de Quentin Harris, des truc complètement africains ou disco comme le live de Osibisa en Inde ou Voyage Point Zero. C’était aussi la grande époque de Lindstrom, I Feel Space, même si je ne l’avais pas joué ce soir-là, ça aurait été too much.<

C’était cool, parce qu’on avait l’impression d’être une génération d’amis et DJs en marche (Crowdpleaser, St-Plomb, Kalabrese), avec un message en matière de musique basé sur la diversité et on jouait tous ensemble au Panorama Bar. Le temps nous a donné raison, ce qu’on jouait à l’époque est à la mode aujourd’hui…

C’était un week-end assez excitant. J’ai joué là-bas de 10h à 13h30 et à 14h on prenait l’avion pour rentrer à Genève parce que le soir même j’avais David DePino, le seul DJ résident du Paradise Garage avec Larry Levan qui venait jouer à ma soirée New York Disco Club, un autre gros highlight de ma vie de DJ.

RHYTHM CYCLES RENCONTRE LIONEL (BORN BJORG)

Rhythm Cycles (RC): En l’espace d’à peu près quatre ans tu t’es forgé une place au sein de la scène locale en imposant ton style disco/house down tempo. Pourrais-tu nous expliquer comment tu en es arrivé à ce style musical qui te représente (et que tu représente) actuellement ? Quels artistes, situations, clubs t’ont le plus influencé ?

L: Ca s’est fait très naturellement. En fait je n’ai jamais voulu m’enfermer dans un style musical bien précis. J’ai toujours aimé varier mes sets et y intégrer des morceaux actuels ou plus oldschool, peu importe leur ‘style musical’, Je ne pense donc pas forcément représenter un genre musical bien précis même si j’ai certaines préférences comme tu le rappelles dans la question. En ce sens on peut dire que je m’oriente plutôt vers la house, actuelle et des 20 dernières années. En ce qui concerne mes influences,elles sont elles aussi très variées. Je ne vais pas me lancer dans une liste d’artistes qui ont pu m’influencer de près ou de loin. Le plus important, ce sont je pense les personnes que j’ai pu côtoyer et au contact desquelles j’ai appris énormément.

Evidemment la première personne à qui je suis redevable est Pascal Viscardi qui m’a poussé à m’investir dans ce milieu et qui a beaucoup participé à l’orientation de mon style musical. Et puis il y a les DJs de la scène genevoise qui m’ont précédé comme Ly Sander, Crowdpleaser ou St-Plomb. J’ai toujours apprécié leurs goûts musicaux assez pointus et variés ainsi que leur vision de la musique plus généralement (sans parler de leurs compétences de DJs/producteurs hors-pair). Le fait d’avoir pu lescôtoyer voire même de jouer à leur côtés a été une chance je pense.

RC: Tu fais partie de Born Bjorg depuis tes débuts en tant que DJ Comment jugerais-tu l’évolution du duo ? Quels sont tes plus beaux souvenirs ? Comment envisages-tu l’avenir de cette formation ?

L: Je suis très satisfait du parcours accompli jusqu’ici. Je pense que notre collaboration a toujours été très saine et qu’elle continuera certainement de l’être. Même s’il faut souvent faire des compromis, je pense que c’est une chance de pouvoir travailler à deux (surtout quand il faut aller mixer dans une soirée nulle où tu ne connais personne, il y a toujours quelqu’un avec qui parler et s’amuser). J’ai évidemment énormément de souvenirs positifs qui me reviennent des ces 4 années de collaboration, notamment un de nos tout premiers sets. C’était à l’Usine à Genève, en dernière partie de soirée, et tous nos potes étaient restés pour nous voir. C’était vraiment incroyable. Il y a eu aussi une date à Paris, au Social Club. C’était en soi assez excitant de pouvoir mixer dans une ville étrangère et en plus le public avait été très réactif à notre set. Et puis plus récemment cet été on avait organisé une soirée dans la forêt au dessus de Morges. Une ambiance magique avec tous nos potes DJs réunis, c’était assez fou. En ce qui concerne l’avenir de notre duo, je souhaiterai que notre collaboration puisse continuer à porter ses fruits comme ça a toujours été le cas. Si dans 4 ans on a accompli autant que ce qui a déjà été fait jusqu’à présent, je signerais tout de suite. Mais c’est également important, à mon avis, de pouvoir travailler chacun de son côté. De temps en temps, j’aime bien me retrouver seul au studio par exemple, ou derrière les platines pour exprimer des choses un peu plus personnelles.

RC: Parlons production, nous savons que tu aimes bcp les vieilles machines (d’où tes affinités avec Ly Sander). Pourrais-tu nous parler de ta façon de bosser en studio ? Comment se passe la combinaison entre synthés d’époque et logiciels modernes ?

L: Oui j’ai évidemment beaucoup d’affinités avec les machines analogiques. J’ai acheté récemment un synthétiseur Roland Juno 106 sur Ebay. J’apprécie de pouvoir intégrer ce genre d’instrument dans nos productions. Il y a un petit côté aléatoire avec ces machines vintages, même après 20 ans, on peut toujours y trouver des sons intéressants si on sait bien les utiliser. En ce sens, c’est important de ne pas se baser uniquement sur des plugins virtuels ou des émulations. En comparaison, une machine analogique permet d’enrichir considérablement ton son. Mais il est vrai que souvent, si on veut obtenir un synthé d’époque en bon état, il faut avoir les moyens. A moins d’avoir un énorme coup de chance (je fais référence à l’épisode du Jupiter 8 de Ly), ca reste quand même un luxe de pouvoir se payer ce genre de machine.

RC: En tant que jeune collectionneur de vinyles, quelle est ta position vis-à-vis des DJs qui mixent à l’aide de logiciels tel Serato ou Traktor ? Que penses-tu du MP3 en général dans le monde de la musique électronique ?

L: Je n’ai pas connu l’arrivée du cd sur le marché de la musique électronique donc c’est difficile pour moi de m’exprimer la dessus. J’ai commencé moi-même à mixer avec des Cds et plus récemment j’ai commencé à amasser des vinyls dans mon studio. Je suisdonc un consommateur assidu sur diverses plateformes de téléchargement de musique digitale. Mais j’apprécie c’est vrai de pouvoir acheter des vinyls (neufs ou d’occas), en majorité des sons qui ne sortent pas en digital pour apporter plusd’originalité à mes sets. Je pense que le vinyl est un format qui a une durée d’existence longue et qu’il va certainement résister à cette logique de consommation de mp3 que l’on jette de son disque dur une fois qu’on ne les mixe plus.

RC: Le titre Do I Move You a été remixé par de gros artistes (Shaun Reeves et Cesar Merveille, Crowdpleaser etc..) et a reçu un bon accueil de la part des DJs en te lançant par la même occasion dans le monde des producteurs de musique électronique. Pourrais-tu nous en apprendre plus sur sa création ?

Ca a été en effet une chance énorme de pouvoir bénéficier du soutien de tels artistes. Je n’ai pas vraiment de détails croustillants à révéler sur sa création. C’était dans notre premier ‘studio’ qui se trouvait dans le sous-sol d’un parking à l’étage -6, donc assez glauque. Il y avait une ambiance assez particulière là-bas en bas, c’était pas toujours évident de travailler dans cet endroit, on se sentait un peu coupés du monde. J’avais eu l’idée de prendre un sample de Nina Simone parce que j’aimais beaucoup sa voix etsa musique. Après le morceau est assez simple en soi, quelques samples de Roland TR-909, une basse de SH-101 et le tour était joué.

RC: Première date à Londres le 17 décembre prochain, comment te sens-tu à l’idée d’aller mixer en Angleterre ?

L: Très excité évidemment, même si je n’ai pas vraiment de référence musicale attachée à cette ville. C’est un peu l’inconnue, je connais très peu cette ville et encore moins ses clubs. J’espère juste pouvoir profiter un maximum de cette opportunité qui nous est donnée. Bien faire la fête, bien manger et ramener quelques disques dans la sacoche.

RC: Question classique, tu es naufragé sur une ile déserte et tu as à disposition une platine mais tu ne peux qu’emmener avec toi trois disques. Lesquels choisis-tu ?

L: A quoi ca sert d’emmener des disques s’il y a juste une platine et même pas de soundsystem? je passe : )

http://soundcloud.com/ly-sander
http://soundcloud.com/bornbjorg

BY ASKING THESE TWO DJS TO KICK OFF OUR NEW ADVENTURE, RHYTHM CYCLES STARTS OUT EXACTLY HOW WE WANTED. OUR LAUNCH PODCAST SETS A MISTY AND ADVENTUROUS VIBE FOR YOU TO GET LOST IN. AFTER THE SEVEN-MINUTE INTRO, EXPECT TO GET CARRIED AWAY BY A SEXY GROOVE. LY SANDER AND LIONEL TAKE A NO ‘BOOM-BOOM’ TECHNO, NO HITS-OF-THE-MOMENT APPROACH, AND CREATE AN ATMOSPHERE PERFECT FOR A SNOWY DAY. THE LEAN IS TOWARDS OLD SCHOOL HOUSE WITH A TWIST OF ACID AND A SPRINKLE OF SOME BEAUTIFUL AFRO PERCUSSION. NOTE THE WARMTH OF THE UREI MIXING-TABLE USED FOR THE OCCASION. THE JOURNEY IS NOW UNDERWAY.

RC Podcast 1 — Ly Sander & Lionel (Born Bjorg) — 30.11.10 by Rhythm Cycles

RHYTHM CYCLES MEETS LY SANDER

Rythm Cycles (RC): You’ve been part of the Swiss electronic music scene for quite a while (more specifically the French-speaking part). What do you think about its evolution since the years of Djaimin and Mr. Mike? Are there good reasons to believe in its future development? Do you believe this style of music has a future in the French-speaking part of Switzerland?

Ly Sander (LS): There are really some excellent producers and DJs here in this part of Switzerland, including a new generation of enlightened DJs. I think the difference between the scene 10 or 15 years ago and today, is that back then there was a real energy to open places that gave access to electronic music, doing whatever necessary. It might be that type of energy that’s missing a bit. The new places I hear about are for the most part places that have been opened by people who have been active for 10 or 15 years.

RC: Could you tell us about the first house record you bought? Your first party (or at least the first one that really left an impression)? Same in reverse, the last house record you bought and the last party that left a mark?

LS: I’m not sure about the first house record I bought, probably Souffles H – Mondo Grosso or the double maxi I Want You (She’s so heavy) by Groove Collective in 1996. Quite jazzy but it was still around the time when acid jazz was really influential. In general I bought a lot of Masters At Work’s records back then. Before that I was more into funk and hip-hop.

About the first parties; the concert of The Roots in 1995, DJ Rush (Detroit) at Terreaux du Temple in Geneva around 1996, Louie Vega on 4 turntables at the old Bypass or at MAD. But it’s maybe the Metalheadz drum’n’bass parties at Blue Note in London around the same time which left the greatest impression. They played the hardest stuff and people where having a blast as if they were listening to funk music. Back then everyone listened to everything; I have the impression that’s less the case today.

The last house records; I usually buy 10 or 15 records at a time, around every 6 weeks, in between the promos drop obviously. One of the last records I bought is from Space Dimension Controller. I like their sound, mix between techno, house and disco. Otherwise a big-up to St-Plomb for his Precious Soul.

About the last party worth remembering, I’m sorry to promote myself, but it’s probably when I invited Danny Krivit back to Geneva in 2008. He literally turned the dance floor around and had us going until well into the morning – it was magical. Danny really has a big heart and, without looking like it, he’s able to bring people into a state that they never expect. He’s a professional DJ in the true sense of the word and a really good friend.

RC: Could you tell us your most absurd party experience, an anecdote you’ll remember the rest of your life?

LS: I was supposed to play in the second room at the Dachkantine (Zürich), but the limiter was set to -35db and the only person who had the code to unlock it was in Brazil. Markus Ott did everything he could before breaking me the news that I had to play like that. So the volume I had available was comparable to a car stereo, but for a dance floor with 300 people. Without being allowed any mistakes, I had to build up my set a little by little and it became a miracle. It got crazy with everyone screaming and the place was packed. My friends there were amazed. It was so good that the DJ scheduled after me let me play almost 2 hours longer — it was that crazy.

RC: For almost 2 or 3 years now, deep house has been making a comeback even among the young generation of DJs. Having followed this style of music since its first steps till it eventually became almost solely ‘music for old people’, what is your opinion on this? Is it a vintage fad or is it timeless music?

LS: ‘Since its first steps’, let’s not exaggerate! Let’s just say that I’m interested in the history of clubbing and its music since the beginning… 4 or 5 years ago I played house music in clubs where people almost exclusively played minimal. You really had to step up, but it was quite possible, even if I played house records that were a bit harder. Today it’s for sure easier to play what you want, but in general I continue to play the same type of records. Basically, I don’t think we’ve invented any other style of music that’s easier to dance to than the good old four-on-the-floor. Today, what is added on top is evolving somewhat over time. I think the comeback of the jazzy and more nervous house production with small samples and short repetitive vocal samples is really just a trend that will pass very quickly. It’s similar to the house records produced between 1992 and 1994. But back then you couldn’t create samples that where longer than 4 seconds on a SP-1200. I don’t really see the use of producing tracks like that today. On the other hand, I really appreciate everything that has a bit more life and soul, which is becoming popular again! I find it much more interesting to mix the basics of electronic music with the possibilities of today’s technology.

RC: Let’s get a bit geeky and talk about equipment! Good old equipment. We know from a source that you have a collection of mix tables and synthesizers from back in the days, could you tell us a bit more? What is your relationship with these machines? Do they have any special features or stories behind them?

LSLS: Regarding mixers, in the beginning I mostly had mixers for hip-hop and I’ve had a lot of different ones. The turning point was when DJ Deep encouraged me to move on to ‘rotary mixers’ with rotary potentiometers. I invited him to play at one of my New York Disco Club parties in 2003 and he requested a Urei to mix with (which Sir George lent me for the occasion). I was already using an isolator separate from the mixer, but DJ Deep showed me how to take advantage of the mixer with a rotary. I bought an old Urei from 1981 (there weren’t any new editions in 2003 anyways). For me it’s THE reference when speaking about sound equipment. You might know a track by heart but you haven’t yet discovered its full potential until you’ve heard it on an old Urei. On the other hand though, it’s pretty tedious to bring with you when you’re out playing. The mixer weighs 12 kg and you have count in another 1 kg for a separated isolator. Keeping in mind that the connector is underneath the mixer, you also have to find a solution for the set-up each time… But nonetheless I’ve managed to plug it in almost everywhere before I bought an E&S DJR-400 in 2004 or 2005. At the time DJ Deep had been talking about the development of this mixer for quite some time, so when Jérôme Barbé finally finished the development of it I bought one right away. As a matter of fact, the one I have is almost a prototype; the new ones don’t have exact same components. Now a lot of people have bought one – it’s cool, it democratizes the rotary! Still, even if the DJR has much better sound than any other mixer on the market right now, and it really has, it still doesn’t sound better than my good old Urei which have in my studio.

Talking about synthesizers, I’m not really a collector but I have a few. I have one beautiful synthesizer that’s also quite rare and valuable, my Roland Jupiter 8. I bought it for 250 Swiss Francs from a farmer in Gruyère. The synthesizer belonged to a friend of his who left for South America and it had been in a garage for 17 years. It was a very tense situation. He talked to me about checking out its value on the Internet. If he had, he would have seen that the synthesizer is worth 4000 Swiss Francs! I had to play it sly with him!

RC: Other than being a well-known DJ you’re also a producer who’s released on big labels such as Electric Minds, Drumpoet Community, Konsequenz, Deeply Rooted House and Mental Groove. Do you have any favourites among these releases? You’ve also produced in collaboration with Crowdpleaser (the hit Walking Home, for instance). Can you tell a story from your studio sessions? How’s your relationship with him and how did you two meet?

LS: That’s a lot questions in one go! My favourite track is probably Jupiter released on Deeply Rooted House. I love Walking Home and I think if the label had supported it more by targeting commercial radio stations it could have been an even bigger success. But Jupiter, every time I listen to it I say to myself, “WOW, this thing is awesome!” I kind of see it as a classic. Back then we were sure it was going to be a hit and, even if the track was a success (2500 LPs pressed) and many international DJs supported it, I’m not sure it got the scope it deserved. I hope people will rediscover it.

Getting to the studio anecdote. Actually we asked Mr. White, who made the hit Sun Can’t Compare, to record the vocals for Walking Home (which was originally supposed to appear on the B-side of XYZ) which he wanted to. However, Larry Heard didn’t agree on him investing time for other projects before finishing his own album. When we released the EP, Mr. White wrote to tell me that he really liked XYZ. So I reminded him that we had asked him to do vocals on the track. Then he told me, “Ah yes, that’s true, but the track is amazing without vocals!”

I think Crowdpleaser and me met around 2003 or 2004. I was playing on Radio Basic and he came to listen to me and chat and we realized that we had so many musical reference-points in common. In particular Ma Foom Bey by Cultural Vibe. Afterwards I was working on a compilation-project for Petrol Records with the label Future Classic’s current crew, and I had asked Crowdpleaser to contribute with a track. Pretty quickly he suggested that we work together in the studio and we made 3 EPs in row. Apart from that, Crowdpleaser is a really good friend and the only person with whom I can have certain conversations about music. I really think we read the energy in music similarly, the atmosphere, the dance floor, the people and so on…. It’s happened to us several times (like at Dachkantine or Zukunft) that we pick up a dance floor that’s been ruined by other DJs or live acts and bring everyone together to make a real party out of it. He’s one of the best DJs I know and someone who really matters to me. It’s always a special moment when we DJ together, something happens…

RC: You’re part of the small circle of DJs from the French-speaking part of Switzerland who have had the chance to DJ at Berlin’s Panorama Bar. Could you tell us how it went? Was it a special gig for you?

LS: The gig went really well even if I was a bit tense before playing, partly because of the 2 liters of Maté I had been downing. I played quite late, around 10 in the morning, and I could really play what I wanted. It’s stuck quite well in my memory. I think I could more or less name a list with the tracks I played. I played some quite rough tracks like I’m A Freak, some more dreamy stuff like Quentin Harris’ Let’s Be Young and some completely African or disco-type tracks like Osibisa’s live in India or Voyage’s Point Zero. It was also during the big Lindstrom period, I feel Space, though I didn’t play it because that would have been too much.

It was cool because we had the feeling of being a progressive generation of friends and DJs (Crowdpleaser, St-Plomb, Kalabrese), with a message in the form of music based on diversity and who were playing together at Panorama Bar. Time proved us right, what we were playing back then is fashionable today…

It was a pretty exciting weekend. I played there from 10 to 1:30pm, and at 2 o’clock we took the plane back to Geneva because the same night I had David DePino, the only resident DJ together with Larry Leven at the Paradise Garage, playing at my New York Disco Club party. That was another big highlight of my life as a DJ.

RHYTHM CYCLES MEETS LIONEL (BORN BJORG)

Rythm Cycles (RC): In the space of more or less 4 years you’ve made a name for yourself on the local scene (Geneva) with your down-tempo disco/house style. Could you explain to us how you arrived at this particular style, which for the moment represents you and you it? Who are the artists? What are the experiences and the clubs that have influenced you the most?

Lionel (L): It happens very naturally. I’ve never actually wanted to become a prisoner of a certain style. I’ve always liked to vary my sets and to incorporate some recent or more old school tracks no matter the musical style. I don’t necessarily think that I represent a certain genre, even if I have preferences as you mention in the question. In a sense you can say that I’m more oriented towards house music, contemporary as well as from the last 20 years. Regarding my influences, they’re also very varied. I won’t get into listing a bunch of artists who have influenced me in one way or another. I think the most important is the people whom I’ve enjoyed being next to. Obviously the first person whom I owe a lot is Pascal Viscardi. He has really pushed me to put a lot of energy into the scene and has played a big part in the orientation of my musical style. And then there’s DJs from the Geneva-scene who were there before me such as: Ly Sander, Crowdpleaser or St-Plomb. I’ve always appreciated their very particular taste in music as well as their vision (without speaking about their unrivaled DJ/producing skills). The fact that I’ve been able to be next to them and even played along side them has been a great opportunity I think.

RC: Since you’ve started DJing you’re one half of the duo Born Bjorg. What are your thoughts on the evolution of the duo? What are your best memories? How do you see the future of the constellation?

L: I’m very happy with what we’ve reached so far. I think that our collaboration has always been very sound. Even though you often have to compromise, I think it’s a great opportunity to work together (especially when you have to play at a shitty party where you don’t know anyone, there’s always someone to have talk too and have a good time with). I obviously have a lot of positive memories from the last 4 years, especially one our first sets: It was at the Usine in Geneva, where we were playing the last set of the night, and all of our friends stayed to hear us play. It was really incredible. There was also a gig in Paris at Social Club. In itself it was exciting enough to go and play in a foreign city and on top of that the crowd was really reacting on our set. More recently we organized a party in the forest above Morges (t/n: Switzerland). A magic atmosphere with all of our DJ friends brought together, it was pretty crazy. As far as the future of our duo is concerned, I really hope that our collaboration will continue to bear fruit as it has before. If in 4 years from now we have accomplished as much as we’ve done so far, I’ll be very happy. But in my opinion it’s also important being able to work seperately. From time to time I really like being alone in the studio for instance or behind the decks expressing more personal things.

RC: Talking about production, we know you love old machines (hence your affinity for Ly Sander). Could you tell us about the way you work in the studio? How do you combine synths from way back and modern software?

L: Yes I have a lot of affinity for analogue machines. I recently bought a Roland Juno 106 synthesizer on eBay. I really appreciate being able to integrate this type of instrument in our productions. There’s a small unpredictable aspect in using these vintage machines. Even after 20 years, you can still find interesting sounds if you know how to use them well. In this sense, it’s important not to rely on virtual plug-ins or emulators. An analog machine really lets you enhance your sound. But it’s true that often if you want to get hold of a vintage synth in good condition, you must have the means for it. Unless you are extremely lucky (I’m referring to Ly’s incident with the Jupiter 8), it’s still a luxury being able to buy a machine like that.

RC: As a young vinyl collector, what is your position towards DJs who mix using computer software such as Serato Traktor? What do you think in general about MP3 in the world of electronic music?

L: I didn’t witness the CD coming on the market of electronic music so it’s a bit difficult for me to comment on. I started out mixing with CDs myself and more recently I started collecting vinyls in my studio. I also regularly buy stuff on different digital download platforms. But it’s true that I appreciate being able to buy vinyl (new or second-hand), mostly tracks that aren’t released digitally, to make my sets more original. I think vinyl is a format that has a lot of longevity. And it’s definitely going to hold its own against the type of MP3 consumption where you throw out your hard-drive when you’re done mixing certain tracks.

RC: The release Do I Move You was remixed by some well-known artists (Shaun Reeves and Cesar Merveille, Crowdpleaser etc…) and it was well received in the DJing world. At the same time, it was your debut as a producer. Could you tell us more about the creation the track?

L: It was really a great opportunity to benefit from the support of such artists. I really don’t have a lot of juicy details about its creation. It was in our first ‘studio’ situated on level −6 underneath a car park, so quite shady. There was a very special atmosphere down there in the deep. It wasn’t always easy to work in the place though because we felt a bit cut off. I got the idea of taking a sample of Nina Simone because I really loved her voice and her music. The track is quite simple in itself, some Roland TR-909 samples, a SH-101 bass and that’s it.

RC: You have your first gig in London on the 17th of December. What are your expectations of playing in Britain?

L: I’m very excited of course, although I don’t really have too much of a sense of the musical orientation of the city. It’s a bit unfamiliar for me. I know very little about London and even less about its clubs. I just hope to get the best out of the opportunity that we’ve been given. Some good partying, good meals and hopefully I’ll be able to bring back a few records in my bag.

RC: Lastly, a classical question: You’re stranded on a desert island with a turntable, but you can only bring three records. Which ones do you choose?

L: What’s the point of bringing three records if there’s just a turntable and not even a sound-system? I’m skipping this one : )

http://soundcloud.com/ly-sander
http://soundcloud.com/bornbjorg

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