RC 8

CÉLÉBRÉ À L’INTERNATIONAL POUR SES TALENTS DE PRODUCTEUR ET DJ HORS PAIRS, ST PLOMB S’ASSOCIE AU SEMI-NEW COMER PASCAL VISCARDI (MOITIÉ DE BORN BJORG) POUR NOUS OFFRIR CE NOUVEAU VOLET DES AVENarTURES RHYTHM CYCLES. PAS DE CHICHIS; LA DJR 400 EST CHAUDE, LES DISQUES LE SONT D’AUTANT PLUS ET LES DEUX COMPÈRES SE FONT PLAISIR À MIXER DE LA HOUSE, TOUT SIMPLEMENT. ENJOY !

RC Podcast 8 — St Plomb & Pascal Viscardi (Born Bjorg) — 31.03.11 by Rhythm Cycles

St Plomb : C’est quoi la bande-son de ton enfance, et c’est quoi tes premiers choix personnels en musique ? Comment la musique électronique est-elle entrée dans le paysage ?

Pascal Viscardi : Etant d’origine italienne du côté de mon père, j’ai grandi en écoutant principalement des songwriters italiens comme Lucio Battisti, Franco Battiato et Francesco de Gregori. Puis, tout au long de mon adolescence je me suis réellement plongé dans le Shoegazing britannique, la New Wave, l’Indie Rock US ainsi que des styles plus expérimentaux, tout en gardant toujours une oreille attentive pour les songwriters de tous les horizons, la pop en général et le Reggae grâce à mon meilleur pote Romain. Si je devais citer des groupes qui m’ont particulièrement marqué je dirais Joy Division, My Bloody Valentine, The Smiths, Sonic Youth, Slowdive, Nick Cave & The Bad Seeds sans oublier Einstürzende Neubauten qui fut mon premier vrai concert ! Dans la foulée, j’ai commencé à m’intéresser de plus près à la musique électronique, notamment grâce à Radiohead période Kid A, ainsi que d’autres formations qui mélangeaient le rock à ce style musical, comme par exemple Death in Vegas qui reste, encore aujourd’hui une des mes formations de référence, ou encore M83. La House et la Techno sont arrivées dans ma vie au moment où j’ai commencé à sortir en club. On a la chance ici d’avoir pu grandir avec Lionel, mon compagnon au sein de Born Bjorg, en écoutant mixer des DJ’s de calibre international comme Crowdpleaser, toi (St Plomb), Chaton, Ly Sander, Dachshund, Agnes, Dj Reas et bien d’autres encore. Du coup, ça m’a pas mal influencé et m’a également poussé à enrichir de plus en plus ma propre collection de musique orientée dancefloor.

St Plomb : Quand je t’entends parler, tu évoques souvent l’Italie, est-ce que c’est un paramètre qui influence ta vie musicale ?

Pascal Viscardi : En un premier temps, comme je l’ai dit avant, il y a eu l’influence de ces songwriters que je considérerais toujours comme indissociable de mon parcours. Puis, ma cousine me faisait déjà écouter à l’époque les mix des Masters At Work quand j’allais la voir à Naples. J’aimais pas du tout car j’étais vraiment à fond dans le rock, genre Marlene Kuntz, excellent groupe italien que j’écoutais alors en boucle, et les musiques plus cérébrales. J’étais loin de penser qu’avec le temps, les MAW deviendraient un des mes premiers choix musicaux. Cependant, c’est également les premières musiques sur lesquelles j’ai dansé, toujours en Italie, durant l’été. Je pense que ce genre de souvenir reste pour toujours gravé. En ce qui concerne les artistes éléctroniques italiens, je suis un grand fan de Don Carlos, un des meilleurs producteurs house de tous les temps, selon moi.

St Plomb : Tu fais partie de ceux qui jouent sous leur propre nom. Par défaut ou par choix ?

Pascal Viscardi : Depuis que j’ai commencé à faire de la musique à l’âge de 16 ans, j’ai toujours joué avec des groupes, donc sous des pseudos. Là, ça fait quelques temps qu’il nous arrive avec Lionel de jouer seuls à droite à gauche. Cet été, j’ai été jouer à Naples (superbe expérience) et les organisateurs ont marqué Pascal V sur le flyer. Pour d’autres soirées les organisateurs ont marqué Pascal Viscardi. Sincèrement, je pense avoir la chance de ne pas avoir un nom horrible à porter, au contraire j’aime mon nom et mon prénom, du coup je ne vois pas la nécessité de trouver un pseudo. De plus, il n’y a pas beaucoup de Pascal Viscardi et même sur facebook, je suis le seul !

St Plomb : Parle-moi de Born Bjorg. Qui pousse les boutons et qui fait le café ?

Pascal Viscardi : Personne ne fait le café, salaud va ! Cependant, au début, Lionel avait un ordinateur plus puissant et étant donné que c’était le sien, c’était normal qu’il le manipule et qu’il passe plus de temps en tête à tête avec. Avec Lionel on s’est toujours bien complétés car il a une vision plus mathématique, cartésienne et moi une vision plus artistique même si ces deux aptitudes de base se sont très souvent échangées. Au final, il n’y a pas de règles, on fait au feeling, on a chacun des phases où on passe plus de temps en studio. Cet été j’y ai passé le plus clair de mon temps, actuellement c’est plus Lionel.

St Plomb : Tu sors beaucoup ? C’est quoi les bonnes soirées dans ton coin ?

Pascal Viscardi : J’essaye de sortir le moins possible ! Sérieusement, après avoir passé plusieurs années à faire la fête coûte que coûte et à chaque occasion (à même créer des occasions quand il n’y en avait pas vraiment) on rigole beaucoup mais on finit également par se fatiguer pas mal aussi. Mon but actuellement est plutôt de cibler mes sorties, trouver les bonnes occasions, surtout depuis que je travaille – eh oui, finies les études. Ceci n’empêche qu’il existe des lieux cultes à Genève pour faire la fête, certains plus planqués que d’autres du grand public. Le Motel Campo a ouvert cet été, j’aime beaucoup cet endroit ainsi que l’esprit qu’il véhicule. Sinon, un nouveau club viens d’ouvrir ses portes aux Pâquis, il s’agit du Silencio où nous allons également organiser des soirées avec l’équipe Rhythm Cycles, j’ai hâte ! Il existe aussi ce mystérieux mini-club caché quelque part dans la cité de Calvin et si tu le trouves, ne passe pas à côté car tu risques de louper une soirée inoubliable !

St Plomb : Pour ce rhythm cycles, on était partis pour un truc très ‘podcast’ et finalement on l’a joué assez club, on est cons ou quoi ?

Pascal Viscardi : Ah non, au contraire ! je pense que ce mix reflète parfaitement l’idée de base des enregistrements Rhythm Cycles, des disques, une DJR 400 deux DJ’s qui n’ont jamais rien enregistré ensemble et Boum ! L’important n’est pas de se branler sur une sélection de morceaux introuvables ou de faire quelque chose d’ultra mental pour prouver à quel point on est plus intelligents que les autres mais de prendre un après-midi entre amis et de recker ce qui nous faisait bander sur le moment sans se poser 20’000 questions existentielles et surtout sans retouches, brut de décoffrage. Ce qui en est sorti est club et ça tombe bien car j’adore cette musique et également les petites hésitations, décalages et rattrapages qui s’en suivent.

St Plomb : La question ‘île déserte’, mais sans les disques : qu’est-ce que tu finirais par chanter – sachant que personne ne t’entend ?

Pascal Viscardi : Oulah ! Alors j’en aurais des milliers et honte d’aucune ! Allez, s’il faut vraiment choisir je dirais « Gold » de Spandau Ballet, « If You Leave Me Now » de Chicago ou encore « Save A Prayer » de Duran Duran.

Et hop, changeons les rôles

Pascal Viscardi : Alors Vincent, nos lecteurs te connaissent sous ton alter ego, St Plomb. Tout le monde connaît ton amour et ton talent pour la production ainsi que le mix, mais qui est Vincent hors de ce monde là ? Quels sont tes hobbies, tes passions, ta profession ?

St Plomb : Tu veux dire genre faire des cathédrales d’allumettes ou collectionner les jacks défectueux ? J’ai pas trop le temps d’avoir des hobbies, j’aime pas le concept. Le dilettantisme me frustre.

A côté de la musique, j’enseigne les arts visuels dans un collège secondaire, je dessine (des pochettes de disques, dernièrement, notamment pour mes dernières sorties sur Perspectiv, Nice Try Records et Third Ear – et avec du vinyl, c’est le bonheur), et j’essaie d’être un père et un mari correct – ça laisse peu de place pour la pétanque. En fait, je considère que j’ai deux métiers, l’un, le jour, nous nourrit moi et ma famille, l’autre plutôt la nuit, me fait vivre dans tous les autres sens du terme.

Pascal Viscardi : Parlons peu, parlons réincarnation ! Selon toi, qu’étais-tu avant de devenir Vincent et que seras-tu (ou souhaiterais-tu être) après ?

St Plomb : Avant, je sais pas… plombier à Chicago ? Ca me fait toujours marrer les gens qui s’imaginent avoir été prince ou pharaon. Statistiquement, il y a plus de chance d’avoir été une bactérie intestinale. Après, je voudrais bien être un chat chez une mamie anglaise, ce qui doit probablement être le pinnacle de l’existence terrienne.

Pascal Viscardi : Que détestes-tu par dessus tout et quelle qualité préfères-tu chez l’homme ?

St Plomb : L’honnêteté est mon défaut préféré et l’ambition une qualité que je déteste. Ouais enfin bref….

Pascal Viscardi : Continuons dans l’esprit de la question précédente en pimentant un petit peu le truc…
Et retournons dans le club, par la même occasion ! Quel est le plan drague le plus nul qu’une fille t’ait fait en boîte et quel est le plus le plus cool ?

St Plomb : Oh là, tant que tu me demandes pas le plan le plus nul que j’ai fait moi … Plus jeune, je me rendais généralement pas compte quand on me draguait en boîte, et maintenant je coupe court avant que ça devienne chaud, donc le plus cool je suis sûrement passé à côté. Et puis draguer en boîte, franchement … Enfin l’autre jour au Formbar à Berne, je me suis fait harceler pendant que je mixais par une fille asiatique genre professionnelle du sexe en sortie, c’était à la fois très nul et très marrant.

Pascal Viscardi : Question basique à un DJ/musicien qui a des enfants : Si ton fils te disait, « Papa, je plaque mes études… Je veux être musicien professionnel ! » Que lui dirais-tu ?

St Plomb : Si c’est HEC, j’applaudis !
Maintenant, sans être décourageant, il faut être conscient des difficultés à gagner sa vie comme musicien : c’est le genre de truc qu’un père dit à son fils … Les ventes de disques ne rapportent plus rien, il faut que les gens le sachent, en tous cas pour les artistes qui ne passent pas en radio. On vendait déjà plus des masses depuis 15 ans, mais maintenant le digital et le net ont rendu la musique gratuite de facto pour beaucoup de gens. Dans les années 30, Walter Benjamin parlait de l’art à l’ère de sa reproduction mécanisée, maintenant on est à l’ère de sa dématérialisation. La vente de supports enregistrés devient anecdotique, à part pour quelques stars ultra-médiatisées. Donc pour en vivre, il faut aujourd’hui plus que jamais avoir du spectacle vivant à proposer. Après, ça va encore changer d’ici que la question que tu me poses soit d’actualité, c’est-à-dire dans 15 à 20 ans…

Pascal Viscardi : Tu m’as dit un jour « Moodymann a changé ma vie ! Certes, comment ne pas partager ton avis sur ce sujet mais pourrais-tu nous dire quel est ton (ou tes) morceaux favoris de cet artiste ?

St Plomb : C’est le dj qui a changé ma vie, pas le producteur. C’est un set de lui à Zürich qui m’a ramené à mes sources musicales et à les assumer de manière plus radicale, à un moment où la curiosité et le désir de plaire m’avaient entraîné loin de ma route. Ca pourrait simplement se traduire par « Do Your Thing ». Maintenant, s’il faut choisir, le morceau que je préfère de lui est son remix du People Make The World Go Round d’Innerzone Orchestra avec Amp Fiddler en guest. C’est une magnifique chanson des Stylistics à l’origine, du philly sound teinté de psychedelic soul à la Norman Whitfield, fallait assurer derrière ça.

Pascal Viscardi : Quel est ton set-up, tes machines favorites ? Quelle machine voudrais-tu possèder ?

St Plomb : Je bosse dans Abelton depuis la version 2 ou 3, j’adore ce DAW – on dira ce qu’on voudra, le workflow est imbattable. Depuis deux ans, j’ai une carte son Metric Halo et des écoutes Focal Twins, c’est génial. J’ai vachement progressé grâce à cette combinaison, quand tu fais confiance à ce que tu entends, tu peux te concentrer sur le reste.

Mes sons sont un mélange de tout : du plug-in, des collections de samples, des expandeurs de sons démodés, des instruments que j’enregistre, guitare, percussions, claps, des vieux synthés et boîte-à-rythmes Roland, Moog, Sequential Circuits etc… Ma 808, tu l’entends dans tous mes tracks, par exemple, le Juno 60 aussi. Sinon je suis friand de sons enregistrés et traités, faire des nappes en secouant mes clés devant un micro, tu vois le genre…
Ah ce que je voudrais… Jupiter, Prophet, Rhodes et le reste de la mythologie… me lance pas là-dessus, la liste est longue, les moyens sont courts !

Pascal Viscardi : La question « île déserte » mais sans les disques ET sans musique :
Tu es bloqué sur une île déserte par le dictateur d’un pays dont le nom commence par « République démocratique… ». Ce grand malade ne te laisse comme unique distraction qu’un seul et unique sport à pratiquer, celui que tu veux. Quel serait ton choix ?

St Plomb : Sur une île sans musique…je tiendrais pas longtemps : la natation !

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